LA VILLE, LE FLEUVE & L'ARCHITECTE
PRESENTATION FICHE TECHNIQUE EXTRAITS DE PRESSE
UNE HISTOIRE DE VILLE
Au début de l'année 1999, la ville de Nantes a lancé une vaste concertation sur la composition des espaces publics et du paysage de l'Ile de Nantes. Ce territoire hybride, réunion de plusieurs îles, assemblage de plusieurs entités urbaines imbriquées, tissu industriel, espaces portuaires, grands ensembles, situé au cœur de la cité a connu au cours des vingt dernières années des mutations importantes qui posent aujourd'hui la question de son devenir. Cette île de 380 hectares, enserrée par deux bras de Loire, se présente aujourd’hui comme le principal site en jeu du territoire nantais et polarise les atouts d’un grand projet. Il y a douze ans, la fermeture de Dubigeon, le dernier chantier naval nantais, a ouvert une brèche importante dans le paysage. Associé à la disparition quasi totale des activités portuaires sur l'île, ce déclin a favorisé l'apparition d'immenses friches sur lesquelles subsistent encore quelques traces du travail disparu. Les Nantais sont particulièrement soucieux de la mutation de cet espace et restent profondément attachés à ce chapitre désormais clos de l’histoire de la ville. 
tournage
chantier naval Aujourd'hui, après des années d'attente, la ville a décidé d'engager une réflexion sur le futur aménagement des lieux. Trois équipes composées chacune d'architectes, d’urbanistes et de paysagistes ont été retenues et doivent faire des propositions. A Nantes, les défenseurs de la mémoire ouvrière se mobilisent au nom de la sauvegarde du patrimoine industriel et portuaire. Toute une effervescence agite la ville longtemps partagée entre la nostalgie et l'oubli.

Ce film raconte cette concertation en confrontant le travail architectural et urbanistique aux désirs de la ville et de ses habitants. 

Il s’inscrit également dans une actualité plus générale qui touche un bon nombre de villes en Europe. En effet, le développement des cités contemporaines, associé au déplacement des activités industrielles en périphérie, crée de grands espaces vacants au coeur des villes. Nous sommes à un moment charnière dans l’histoire de la morphologie urbaine. De nombreuses questions posées à Nantes, sont représentatives des préoccupations actuelles. Elles sont souvent cantonnées dans les bureaux des “spécialistes”, ce film se propose de les faire partager et de montrer, de l’intérieur, comment les choix sont faits.


OUVRIR LE DEBAT
Les questions qui se posaient autour de cette île, ce "bout de ville", n’étaient pas simples et les solutions proposées ont engendré des confrontations tout à fait dans l'air du temps de cette fin de siècle. Mais au-delà des polémiques, ce qui m’intéressait particulièrement, c’était la manière dont une ville avait décidé d’aborder ces problèmes. Plus que les choix qui ont été faits, c’est le processus qui y a mené qui est le véritable sujet de ce film.
Jean-Marc Ayrault
En faisant le choix d’une concertation et d’un marché de définition, Nantes ouvrait le champ du débat. Alors qu’un classique concours d’urbanisme anonyme aurait laissé les projets se concevoir dans l’ombre des agences parisiennes, la ville avait décidé de travailler dans la durée et dans la discussion permanente. Cette approche novatrice méritait que l’on s’y intéresse. Elle témoignait d’une volonté d’associer à cette réflexion toutes les parties intéressées dans un échange démocratique. Bien sûr, il ne s’agissait pas pour moi de faire l’apologie d’une politique municipale, ce mode de concertation a eu ses limites et la décision finale appartenait de toute façon à son initiateur, le maire, mais cette nouvelle manière d’envisager les questions urbaines est révélatrice de l’évolution actuelle des modes d’action sur la ville.
la concertation Je crois profondément que le cinéma et surtout la télévision ont un rôle à tenir au sein de ce débat trop souvent cantonné dans les "hautes sphères" et chez les "décideurs". Ne serait-ce que pour en rendre compte et permettre à chacun d'en percevoir les enjeux. On pourrait, ici, se risquer à employer des grands mots et parler d'une "caméra citoyenne", mais je préfère m'en tenir au simple désir de raconter ce qui se passe et ce qui se dit et qui, avant tout, nous concerne tous. 

LA PAROLE EN ACTION
Chronique d'une réflexion en marche, ce film n’est ni une analyse didactique d'un projet d'urbanisme, ni un simple reportage journalistique. Il raconte d'abord une histoire, une histoire de ville, et montre "in vivo" comment les différents personnages: architectes, urbanistes, élus, habitants, appréhendent et vont se confronter et échanger autour de l’avenir d’un territoire. 
Alexandre Chemetoff
Nicolas Michelin / Labfac Il s'agissait avant tout de filmer la parole en action, à travers des moments privilégiés: réunion de travail, débats publics, présentations et explications des projets, discussions informelles, etc... C'est principalement l'échange, les rapports entre les acteurs du trio: architectes, ville, habitants, qui font naître la progression dramatique au fur et à mesure de l'évolution des projets.

TROIS VISIONS 
DE LA VILLE DE DEMAIN
L’intérêt de ce film réside aussi dans les différentes approches du territoire qu’ont les équipes d’architectes en lice. Labfac, Bruno Fortier et Alexandre Chemetoff nous proposent trois visions d’un avenir possible. Au-delà des projets eux-mêmes, ce sont trois façon d’aborder la ville qui se confrontent et nous questionnent. 
A.Chemetoff et L.Jospin
Bruno Fortier Ce sont aussi trois personnalités qui se révèlent en proposant de nouvelles méthodes pour transformer la ville. En cela, la formule du marché de définition prend toute sa valeur.  Obligés de “descendre dans l’arène” pour convaincre les décideurs politiques mais aussi faire partager leurs projets aux simples habitants, les architectes sont contraints d’adapter leurs discours et de mettre en oeuvre de nouvelles formes de communication.

En montrant concrètement comment la ville se fabrique, ce film s’inscrit totalement dans cette volonté d’ouverture.

Pierre-François Lebrun