LA NOUVELLE ESCALE
 
l'île dans la ville L'ILE DANS LA VILLE
 
 
 
 
 

UN SITE HYBRIDE

La friche des anciens chantiers navals de Nantes, par son échelle et sa nature est difficilement appréhendable. Ce territoire s'est constitué entre le port industriel et la ville. D'abord périphérique au 19e siècle, il est devenu dense et interne à la ville au 20e siècle, mais aujourd'hui il est en perte de sens et de spatialité. 

La Prairie au Duc est un site hybride, à la fois urbain et en marge de la ville. Cette caractéristique en fait sa qualité première. Le projet veut s'attacher à préserver cette particularité. 
 

 SUBSTRAT

La réminiscence de certaines traces constitue la base qui permet à l'architecture de prendre corps à l'intérieur même du site. Et c'est en s'appuyant sur ce substrat que les grandes lignes du projet architectural amorceront la constitution d'un espace public. Le projet doit faire émerger les qualités du lieu en même temps qu'il les construit.

C'est en étudiant la forme du terrain, les empreintes du lieu, ses traces, sa végétation, ses vestiges, ses édifices, en un mot tout ce qui constitue la morphologie de ce qui existe mais aussi de ce qui n'existe plus, que l'essence même de ce lieu se dégage. C'est par la métabolisation de toutes ces données, et non par leur destruction, que les conditions préalables d'une première intervention sont posées.
Une nouvelle stratification émerge de l'étude des strates successives qui l'ont précédée et qui ont fait de ce sol ce qu'il est. Ce territoire a recueilli les maillages successifs qui s'inscrivent dans une temporalité et qui permettent de définir les contraintes qui stimulent la création d'un projet pouvant défendre le lieu.
C'est ainsi qu'en se reconstruisant sur eux-mêmes, au fil des évolutions techniques et économiques, les chantiers navals de Nantes ont brodé la trame structurelle qui permet la recherche de l'attitude qui tend à relier à nouveau le parcours. C'est en travaillant sur les marges, sur les éléments de continuité, et donc, en utilisant cet espace vacant comme base structurelle et non comme tampon entre l'ancien et le nouveau qu'un projet prend forme et sens dans la ville.

Dans ce projet, il ne s'agit pas de proposer une utilisation optimum du site de 16 hectares, mais plutôt d'utiliser les éléments constituants du lieu, de choisir les traces qui me semblent propices à former le support d'une architecture qui se veut porteuse d'une réflexion sur l'utilisation possible de ce lieu en déshérence.
 

LE “DEJA-LA”

Le projet tente de rendre l'espace à un usage en s'inscrivant en résonance avec les mutations et la temporalité qui traverse notre société. Il veut travailler avec le "déjà-là" : végétation, voirie, associations, université, hivernage des bateaux, promeneurs, pique-niques, sans chercher à inventer une programmation que l'usager du site a déjà imaginé. En effet, cet usage improvisé de la Prairie au Duc, pose les premiers jalons d'une évolution du lieu. Le caractère public du lieu existe déjà. Le projet architectural décide de le suivre et de l'aider à se développer. Il se veut suffisamment flexible pour assimiler tout événement non anticipé.

En conférant au site quelques éléments structurants, le projet veut déterminer des principes d'implantations pour un devenir lié intrinsèquement au lieu.  Il pose la question du devenir des friches urbaines et de la chance qui est donnée à l'éphémérité, au vide et au silence de subsister dans la ville.

QUALITES DE LA FRICHE - MATIERES BRUTES - LE PROJET