ENTRE CHIENS ET LOUPS
scénario et dialogues: 
Olivier Thiébaut et Pierre-François LEBRUN 
Tous droits réservés 1993 
Un polar noir à souhait, jamais tourné faute de sous. Ce huis-clos sanglant n'a pas intéressé le petit monde du film court. Tant pis, Olivier Thiébaut l'a recyclé en une nouvelle qui sera rééditée prochainement dans un recueil à ne pas rater. 
SCENARIO

OUVERTURE
1. EXT. ROUTE CAMPAGNE / INT. CUISINE. SOIR

SEQUENCE ALTERNEE

CAMERA SUBJECTIVE. Au ras du sol, la caméra progresse le long d’une petite route perdue dans la lande bretonne. On entend OFF des bruits de pas, de souffles courts parfois entrecoupés de plaintes. Sous un soleil couchant, la silhouette d’une grande bâtisse isolée au bord d'une falaise se profile à l’horizon.
En alternance, PLAN SERRE sur des mains féminines s’activant au dessus d’une cuisinière où un ragoût mitonne dans une casserole.
 

GENERIQUE EN SURIMPRESSION

2. INT. CUISINE / SALON. SOIR
Les mains éteignent le gaz et s’emparent de la casserole.
Le champ s’élargit. On découvre SOPHIE TARDIEU (40) qui se dirige vers le salon où GILBERT TARDIEU (40) est déjà attablé.
Les volets sont fermés et la pendule égrène son tic-tac.
Sans un mot SOPHIE pose la casserole sur la table sans que GILBERT, concentré sur la télévision, y prête attention. C’est l’heure des informations régionales.
On y apprend qu’un hold-up a été commis dans la région. Les voleurs ont réussi à prendre la fuite à bord d’une puissante voiture. Cependant, les gendarmes sont confiants. Ils sont sur les traces des trois malfrats et leur arrestation est imminente. Des images filmées par la caméra de surveillance de la banque montrent la tête des trois fugitifs.
Sans un mot, sans un regard, GILBERT pousse son assiette vers SOPHIE qui lui sert le plat qu’elle a préparé.
GILBERT goutte du bout des lèvres le ragoût de SOPHIE qui ne le quitte pas des yeux.

GILBERT (posant dédaigneusement sa fourchette dans l’assiette)
T’as encore oublié le sel !

SOPHIE s’apprête à se relever mais, au même moment, la sonnette retentit. SOPHIE hésite et lance un nouveau regard à GILBERT.

GILBERT
T’attends peut-être que le porte s’ouvre toute seule !

SOPHIE se dirige vers l’entrée.

3. INT/ EXT. ENTREE. SOIR
SOPHIE arrive près de la porte.

SOPHIE
Qui est là ?

VOIX OFF
Désolé de vous déranger, madame...  Je viens d’avoir un accident près de chez vous...  Est-ce que je peux téléphoner ?

SOPHIE ouvre la porte et étouffe un cri en découvrant un calibre braqué sur elle. Trois hommes s’engouffrent dans la maison. Ils s’agit de MICHEL BERTI (40), FRANCK (30-35) et LUIS (30). FRANCK soutient LUIS, blessé à la cuisse. Il porte également dans une main un gros sac de toile.

MICHEL (à Sophie)
Chhuuttt...

Tandis que FRANCK referme la porte, MICHEL appuie son calibre sous la
gorge de SOPHIE.

MICHEL
T’es toute seule ici ?

Terrorisée, SOPHIE fait non de la tête.

MICHEL
Eh bien tu vas nous présenter !

Avec son arme, MICHEL pousse SOPHIE en direction du salon.

4. INT. SALON. SOIR
GILBERT, tournant le dos au salon, concentré sur la télé, n’aperçoit pas tout de suite sa femme tenue en joue par MICHEL. Ils sont suivis par LUIS et FRANCK.

SOPHIE (d’une voix mal assurée)
Gi... Gilbert

GILBERT se retourne et découvre la scène. Il tente de se lever.

MICHEL
Bouge pas !

GILBERT se rassoit. MICHEL se tourne vers FRANK qui aide LUIS à s’asseoir sur une chaise.

MICHEL (à Franck)
Va jeter un coup d’oeil voir si il y a personne d’autre !

FRANCK saisit son arme et quitte le salon.

GILBERT
Qu’est-ce que vous voulez ?

MICHEL
Ta bagnole !  Il y a bien une bagnole dans ton garage ?

GILBERT (un peu soulagé)
Oui.

MICHEL
Parfait, tu vas nous donner les clés et on vous laisse tranquillement finir votre soirée !

GILBERT (jetant un coup d’oeil au sac)
C’est vous pour la banque ?

MICHEL
T’occupe...  Moins t’en sais, mieux ça vaut ! Alors, ces clés ?

SOPHIE fait quelques pas et s’empare de son sac à main. Elle n’a pas le temps de l’ouvrir que MICHEL est déjà sur elle et le lui arrache violemment des mains.

MICHEL (la repoussant)
Lâche-ça, salope !

MICHEL commence à ouvrir le sac et à fouiller nerveusement dedans. Il en sort une bombe de défense.

MICHEL (posant le canon entre les deux yeux de Sophie)
Elle a essayé de me baiser la morue...  Recommence jamais ça !
(jetant la bombe, à Luis)
T’as vu avec quoi, elle voulait nous enfler !
(descendant son canon dans le décolleté de Sophie)
T’as pas froid aux yeux !

SOPHIE (balbutiant)
C’est pas ce que vous croyez...  Je voulais juste vous donner les clés !

Au même moment, FRANCK réapparaît dans la pièce.

FRANCK  (à Michel)
Laisse tomber, les clés sont sur la caisse !
(à Luis)
Allez, radine tes fesses, Luis...  Tu vas voir, elle est confort sa caisse !

Dans le même temps, MICHEL se dirige vers le téléphone dont il arrache la prise.

MICHEL (à ses acolytes)
Allez, on s’arrache !
(au couple)
Merci pour tout et bonne soirée !

Alors que les trois malfrats s’apprêtent à quitter le salon, OFF, on entend un bruit métallique venant de l’extérieur.
Les trois hommes se figent. FRANCK, aussitôt en alerte, vient se poster derrière la fenêtre dont il écarte discrètement un des volets. MICHEL le rejoint.

MICHEL (à voix basse)
Qu’est-ce qui se passe ?  Tu vois quelque
chose ?

FRANCK (nerveux, scrutant l’extérieur)
Putain, j’aime pas ça !

Soudain, FRANCK semble distinguer quelque chose.

FRANCK
Merde...  Ils nous ont retrouvés !  Comment ils ont fait pour nous loger aussi vite ?

LUIS qui s’était appuyé contre un mur est pris d’un malaise et s’écroule sur le sol. En deux enjambées, MICHEL est sur lui pour juger de la gravité de son état.

MICHEL (le secouant)
C’est pas le moment de flancher !

LUIS (grimaçant, se tenant la jambe)
T’inquiète, Michel...  Ça va aller !

MICHEL (lui donnant une tape amicale)
O.K., super...

GILBERT (froidement)
Vous ne voyez pas qu’il est en train de mourir !

MICHEL (à Gilbert, brandissant son arme)
Toi, ta gueule !

Dans le même temps, FRANCK, toujours posté derrière le volet, continue à observer ce qui se passe dehors.

FRANCK (en sueur)
Bordel de merde...  C’est truffé de poulets !

De l’extérieur, un projecteur est braqué sur la fenêtre. FRANCK se dégage brusquement de la fenêtre. Dans le même temps, une voix se fait entendre au mégaphone.

VOIX MEGAPHONE
Berti...  On sait que tu es là, Berti !

Les trois malfrats restent sans voix.

VOIX MEGAPHONE
Berti...  Tu as une minute pour sortir bien sagement avec tes petits copains !

La réaction de MICHEL ne se fait attendre. Il empoigne brutalement SOPHIE par les cheveux et la traîne vers la fenêtre.

MICHEL (plaquant Sophie contre lui, hurlant à l’adresse du mégaphone)
Allez vous faire foutre !

VOIX MEGAPHONE
Fais pas le con, Berti  Vous n’avez aucune chance de vous en tirer !  Rendez-vous pendant qu'il est encore temps !

De rage, MICHEL repousse en grand le volet et plaque le revolver sur la tempe de SOPHIE qui est au bord de la syncope.

MICHEL (toujours hurlant)
Si vous faites quoi que ce soit, j’la bute elle et son mac !

VOIX MEGAPHONE
O.K., Berti, calme-toi, on va discuter !

MICHEL (maintenant la pression sur Sophie)
Y’a pas à discuter...  J'veux un hélicoptère ! Vous avez une heure sinon, j’fais un carton !
(insistant)
Une heure, compris ?

MICHEL n’attend pas la réponse. Il repousse Sophie et referme rapidement le volet.
Un ange passe. Puis, OFF, on entend à nouveau le mégaphone.

VOIX MEGAPHONE
O.K., Berti, je vais voir ce que je peux faire... Mais pas de conneries !

MICHEL reprend sa respiration et jauge la situation en dévisageant successivement les acteurs présents dans la pièce.
SOPHIE est secouée de tremblements. GILBERT, toujours assis sur sa chaise, semble se désintéresser de la situation. LUIS gît toujours assis contre le mur et une mare de sang s’est formée sous sa cuisse. FRANCK est de plus en plus nerveux et guette près de la fenêtre fermée.

FRANCK (à Michel)
T’es sûr que ça va marcher ?

MICHEL
De toute façon, ils n’ont pas le choix !

GILBERT
Si je peux me permettre...  Vous n’avez aucune chance !  Les prises d’otages, ça se terminent toujours mal !

MICHEL s’avance vers GILBERT d’un air mauvais.

MICHEL
Moi, à ta place, je souhaiterais que ça marche !

ELLIPSE

5. INT. SALON. SOIR.
ANGLE sur la blessure de LUIS. Son pantalon a été découpé et SOPHIE, tremblante, désinfecte la plaie. LUIS est de plus en plus faible et grimace. Une nouvelle application de désinfectant lui arrache un cri de douleur.
Très nerveux, MICHEL, s’approche de lui son revolver à la main.

MICHEL
Arrête de gueuler, merde...

SOPHIE (se relevant)
C’est tout ce que je peux faire  Il a perdu trop de sang !

LUIS (s’agrippant au bras de Michel)
Fais quelque chose, Michel...  J’veux pas crever !

MICHEL se dégage de la faible emprise de LUIS.

MICHEL
Dis pas n’importe quoi...  On va s’en sortir !

FRANCK, posté derrière la fenêtre pour surveiller les alentours, réagit immédiatement.

FRANCK
C’est ça, oui, tout va bien  On a cent cinquante flics planqués autour de la baraque mais tout va bien...  On a planté la
bagnole dans un fossé mais tout va bien... Luis pisse le sang et tout va toujours bien !  Tu fais chier, Michel avec tes plans
foireux !

MICHEL (menaçant)
Tu ne vas t’y mettre toi aussi...  Je t’ai pas obligé à venir !

GILBERT, toujours assis à la même place s’allume tranquillement une cigarette.

FRANCK (à bout de nerfs)
Ton hélico, c’est des foutaises...  Ils vont jamais céder
(plus calme)
Faut qu’on se rende, Michel...  Faut qu’on se rende...  C’est le seul moyen de sauver notre peau !

MICHEL (à Franck)
Connard !  Tu préfères peut-être aller moisir à la ratière !

FRANCK
Réfléchis !  Si on se rend, on en prend à tout casser pour cinq ans !

MICHEL
Parle pour toi...  Tu sais pas ce que c’est que la taule, toi...  Moi, je préfère aller jusqu’au bout !  Pas question de replonger...  Plutôt crever !
(désignant Gilbert et Sophie)
Et eux avec !

FRANCK s’apprête à répondre mais, une nouvelle fois, le mégaphone se fait entendre.

VOIX MEGAPHONE
Berti !  Y’a un petit problème pour l’hélicoptère...  Il sera pas là avant deux heures !

FRANCK (à Michel)
Qu’est-ce que je te dis...  On est en train de se faire niquer !

MICHEL repousse FRANCK, jette un bref regard à sa montre, coince son revolver dans son jean et se poste derrière la fenêtre.

MICHEL (hurlant aux flics)
J’veux pas le savoir...  Si l’hélico n’est pas là dans dix minutes, je descends le premier otage...  Tu m’entends, flicard ?...  Dix minutes !

VOIX MEGAPHONE
Je ne peux rien te promettre, Berti...  On va faire notre possible !

Dans le même temps, SOPHIE a rejoint GILBERT et lui pose la main sur l’épaule.

GILBERT (à voix basse, à Sophie)
T’inquiète pas, ça va aller !

FRANCK, tendu à l’extrême, fait les cent pas dans la pièce.

FRANCK (à Michel, délirant)
Mais putain, tu ne vois pas qu’ils sont en train de nous enfler...  On va jamais sortir de ce trou à rat !
(s’avançant, empoignant Michel par le col)
Bon Dieu, ouvre les yeux...  On est foutu...

MICHEL repousse violemment FRANCK qui heurte le mur. Mais FRANCK revient immédiatement à la charge et empoigne une nouvelle fois MICHEL.
La réaction est immédiate, MICHEL donne un coup de tête dans le nez de FRANCK qui s’écroule.

MICHEL (se passant une main sur le front)
Bon, t’es calmé maintenant !

FRANCK, le nez en sang, est secoué de spasmes nerveux. Son premier réflexe est de saisir son revolver. Tout en se relevant, il le braque sur MICHEL qui met un temps à réagir.

FRANCK (reniflant)
Fallait pas, Michel...  Fallait pas faire ça !

Sous la menace de son arme, FRANCK s’approche de MICHEL. De sa main libre, il s’empare du revolver de MICHEL.

FRANCK (hystérique)
T’as gagné, hein ?  Tu fais moins le malin, maintenant !

MICHEL (ne se démontant pas)
Et toi, t’es bien avancé, là !  Eh bien vas-y, va te rendre !
(s’avançant, essayant de déjouer l’attention de Franck, montrant le sac de billets)
Prends le fric...  Va le rendre...  Tu crois qu’ils vont te filer une médaille !

FRANCK (sur ses gardes, braquant les deux armes sur Michel)
Bouge pas !
(s’adressant à Luis)
Tiens bon, Luis...  C’est bientôt fini !  Tu m’entends Luis ?

Mais LUIS ne réagit et gît, les yeux ouverts, la tête penchée sur le côté.

MICHEL
Laisse tomber...  Tu vois bien que c’est fini pour lui...
(un temps)
Alors, qu’est-ce que tu comptes faire, maintenant ?

FRANCK se dégage de MICHEL et s’approche de GILBERT et SOPHIE qui assistent, impuissants, à la confrontation.

FRANCK (à Gilbert)
Vous allez m’aider, vous !
(désignant Michel)
Vous allez leur dire que c’est lui le responsable !  Que c’est à cause de lui tout ça...

GILBERT repousse calmement le canon du revolver qu’agite FRANCK sous son nez.

FRANCK (tendant les revolvers à Gilbert)
Tenez, prenez-les...  C’est terminé...  Dites aux flics que c’est moi qui vous ai sauvés !

GILBERT ne se fait pas prier et récupère les deux armes.

MICHEL (fou de rage)
Putain, mais tu débloques !

Imperturbable, armes en mains, GILBERT se lève et braque successivement MICHEL et FRANCK. Puis, contre toute attente, il pointe un des revolvers sur sa femme, interloquée.
Avant que FRANCK et MICHEL comprennent la situation, GILBERT presse la détente. SOPHIE s’écroule, touchée à mort.
Un silence fait suite à la déflagration.
MICHEL et FRANCK échangent un regard incrédule.

FRANCK (sortant de sa torpeur)
Mais qu’est-ce qu’il a fait ?
(à Gilbert)
Qu’est-ce que t’as fait ?

Au même moment, le mégaphone retentit.

VOIX MEGAPHONE
Bon Dieu, Berti !  Qu’est-ce qui se passe ? C’est quoi ce coup de feu ?

Dans la maison, personne ne répond.
Toujours aussi calme, GILBERT s’adresse à FRANCK.

GILBERT (allumant une cigarette)
Eh oui, vingt ans de mariage et puis, plus rien...  Sauvagement assassinée par des voyous...

FRANCK
Mais qu’est-ce qu’il raconte ?

GILBERT
Remarquez... Je vous en veux pas... Depuis le temps qu’elle m’empoisonnait la vie !

MICHEL (à Franck)
Tu vois...  T’a gagné le gros lot !

FRANCK
Mais je pouvais pas savoir qu’on allait tomber sur un timbré !

GILBERT (indifférent, jouant l’accablement)
Pourquoi tu as tué ma femme, Franck ?

FRANCK
Mais...

FRANCK n’a pas le temps d’en dire plus qu’il est à son tour foudroyé par une balle.
Dans le même temps, OFF, on entend le bruit d’un hélicoptère qui se rapproche.
MICHEL et GILBERT échangent un regard. Le bruit du coup du feu est couvert par le bruit de l’hélicoptère qui se pose à proximité de la maison.

5 . INT .  SALON / CUISINE . JOUR
ANGLE sur l’écran de la télévision qui diffuse les informations régionales de midi. On assiste au résumé de la prise d’otages qui s’est déroulée la veille. Les images montrent l’intervention de la police et une interview de GILBERT, effondré par le drame qu’il vient de vivre.

VOIX PRESENTATEUR
Quand la police a investi les lieux, elle a découvert Gilbert Tardieu gisant hagard et hébété près du cadavre de sa femme
Sophie Tardieu, lâchement assassinée par Michel Berti et ses complices. Même s’il a su trouver le courage et la force de résister à ses agresseurs, pour Gilbert Tardieu, rien ne pourra effacer le souvenir terrible de ces heures d’angoisse

La télé est soudainement coupée. GILBERT repose la télécommande et jette un coup d’oeil sur les quotidiens du jour qui recouvrent la table. Sa photo s’étale à la une de la plupart d’entre eux. Des titres évocateurs louent l’héroïsme de GILBERT qui a vengé la mort de sa femme. GILBERT se lève et, d’un pas alerte, se dirige vers la cuisine.

GENERIQUE DE FIN EN SURIMPRESSION

Pendant le générique, GILBERT cherche dans le frigidaire de quoi se sustenter. Il récupère la casserole non entamée la veille et la met à réchauffer doucement sur la cuisinière.

ELLIPSE

Tout en consultant un catalogue de vacances exotiques, GILBERT achève de manger le ragoût de sa femme à même la casserole.
Soudain, il est pris de convulsions et de terribles douleur. Il s’affaisse la tête la première. Ses yeux exorbités fixent à jamais la photo de SOPHIE posée sur la télévision.
 

FIN

ACCUEIL