AVERIA et présentent:

 
Comment redonner vie aux espaces portuaires et industriels devenus une immense friche à quelques pas du centre-ville de Dunkerque ? 
Dix ans après le lancement du projet de reconquête urbaine baptisé “Neptune”, ce documentaire dresse un portrait sensible de ce territoire en mutation en confrontant le travail architectural et le discours de ses auteurs au regard de ceux qui vivent les lieux au quotidien.
Plus largement, le film pose le problème de la réutilisation d’espaces, ici un port, dont les activités ont disparu. Il raconte comment les choix s’effectuent et montre comment les transformations de la ville influencent la vie de ses habitants. Les enjeux sont importants car ils cristallisent toutes les questions autour de l’identité maritime de Dunkerque. Une ville qui, après lui avoir tourné le dos, a décidé de renouer avec son port.
documentaire
couleur
digital betacam
16/9ème
26 minutes
UNE HISTOIRE DE VILLE

Tout commence par un drame, en 1987, la fermeture des chantiers navals de la Normed entraîne la suppression de 3500 emplois et délaisse un terrain de 36 hectares jouxtant le centre-ville de Dunkerque. Le choc est d'autant plus rude que, depuis la guerre qui l'a presque totalement détruite, la ville n'en finit pas de vivre au gré des secousses économiques et des bouleversements de la géographie locale. Avec la dérive du port vers l'ouest et la croissance des villes de la périphérie,

le centre de Dunkerque meurt à petit feu. 

En 1989, pour sortir de cet engrenage funeste, la ville s'associe avec le port pour lancer un projet urbain baptisé Neptune. Neptune se présente comme une grande opération de reconquête des friches industrielles et portuaires. Il s'agit de retisser les liens entre la ville et le port pour redonner une image forte à ce territoire abandonné. A l'issue d'une consultation, les architectes anglais Richard Rogers et Mike Davies, célèbres pour la création du centre Georges Pompidou avec 

Renzo Piano mais aussi pour leur travail sur les docks londoniens, sont retenus. Un plan d’aménagement est mis au point. Il va servir de référence pour le projet.

Aujourd'hui, après plus de dix ans de travail, même si le projet est loin d'être achevé, le paysage a foncièrement évolué. De nombreux bâtiments ont été construits. Université, cinémas, musée, logements, ponts, quais réaménagés, etc, sont venus "faire de la ville" là où il n'y avait plus rien que le souvenir lointain d'une activité portuaire jadis intense. 

Mais "faire de la ville" c'est aussi "faire de la vie". Dix ans après le lancement de l'opération, il est intéressant d'en dresser un premier bilan. Confrontée à un nouvel ordre économique, la ville a-t-elle trouvé de nouvelles formes de développement ? Les réponses architecturales à la question de la mémoire des lieux ont-elles été trouvées ? La population a-t-elle renoué avec un territoire longtemps ignoré ? Voilà quelques-unes des questions que ce film pose à travers l'histoire de cette transformation urbaine en confrontant le travail architectural et le discours de ses auteurs au désir de la ville et au regard de ses habitants.
LA VILLE A L'OEUVRE
 

J'aime les villes. Chaque ville est différente. Et ce qui fait d'une ville, une ville, m'intéresse beaucoup.

Une ville existe dans un contexte, un contexte physique, social, émotionnel, historique. La mer fait partie intégrante de Dunkerque. Dunkerque n'est pas une ville sans la mer. C'est une ville parce qu'il y a cette histoire avec la mer. C'est une ville maritime avec un


rapport aux bateaux, aux voyages, à la plage. Tout cela fait partie de ce que Dunkerque est.

Mais à Dunkerque, les choses sont peut-être plus compliquées qu'ailleurs. Depuis soixante ans, les blessures ont été graves et répétées. La guerre, la reconstruction, les bouleversements économiques, tous ces aléas de l'Histoire se sont accumulés pour brouiller une identité jadis glorieuse et briser des connexions ancestrales entre la ville et la mer.

Le fait que des hommes s'attachent aujourd'hui à recomposer un lieu de vie sur les ruines d'un passé douloureux m’intéressait.

Les questions qui se posent autour de ce "bout de ville" à cheval entre passé 

et avenir ne sont pas simples et les solutions proposées engendrent des confrontations tout à fait dans l'air du temps de ce début de siècle. Mais au-delà des polémiques, ce qui m’intéressait particulièrement, c’était de montrer comment ses transformations physiques changeaient l’identité de la ville.


Souvent les films sur l'architecture se limitent à traiter les travaux des concepteurs comme des œuvres d'art qui existent en dehors de tout contexte et dont les qualités se résument essentiellement en prouesses techniques ou en démonstrations esthétiques. En parlant d'un projet urbain comme le projet Neptune, je désirais dépasser cette approche, ne pas faire un film sur l'architecture mais sur comment l'architecture peut influencer la vie d'un territoire. Sans nier leur dimension spectaculaire, je 


voulais avant tout aborder les réalisations à travers les usages qu'elles entraînent et constater les transformations qu'elles provoquent dans les habitudes et les mentalités de la population. Montrer comment les intentions exposées par les urbanistes et les architectes se traduisent sur le terrain, concrètement. Voir la ville et la vie à l'œuvre en somme. 
 



Il ne s'agissait pas pour autant de dresser un portrait idyllique d'une opération urbaine. J'ai la nostalgie des grandes épopées industrielles et maritimes et j'ai tendance à me méfier des discours des aménageurs lorsqu'ils nous vantent les mérites de la ville de demain. Peut-être parce que, d'un point de vue cinématographique mais aussi tout simplement 


humain, émotionnel, l'arrivée d'un cargo dans un port ou l'effervescence d'un chantier naval sont à priori plus exaltants que les images d'un immeuble de logement ou d'un centre commercial quelles que soient leurs qualités. Pourtant, c'est là que les choses se passent dans une ville aujourd'hui. Je crois donc qu'il est important de rendre compte de cette mutation avec un regard dénué d'à priori tout en questionnant ses conséquences.

Pierre-François Lebrun
 


 

réalisateur: Pierre-François Lebrun - image: Fabrice Richard, Pierre-François Lebrun - son: Erwan Brouillard, Jean-Pierre Briat, Pierrick Cohéléac’h - montage: Didier Vandewattyne - palette graphique: Valérie Le Berre - étalonnage: Thomas Say - mixage: Jean-François Holuigue - voix: Eric Leblanc - musique: Kat Onoma, Georges Migot - producteur délégué: Thierry Gasnier - responsable des programmes régionaux: Luc Mousseau
une coproduction
AVERIA - FRANCE 3 Nord Pas-de-Calais Picardie
avec la participation
du Centre National de la Cinématographie 
de la Communauté Urbaine de Dunkerque
de la Délégation Interministérielle à la Ville
du Ministère des Affaires Etrangères
et le soutien de la Procirep
CONTACT DIFFUSION:
Thierry Gasnier - AVERIA 
23, rue du Départ
75014 PARIS
tél: 01.46.58.20.51
fax: 01.46.70.29.31
averia@wanadoo.fr

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